Le rôle des réseaux sociaux en politique, retour sur les élections américaines

Après des jours de controverses et d’attente, le 7 novembre dernier a vu se concrétiser l’élection de Joe Biden en tant que 49e Président des Etats-Unis d’Amérique. Cette élection aura marqué l’histoire non pas pour ses votes serrés ou l’abstention, comme nous en avions l’habitude lors d’élections, mais pour le flou global et l’incertitude dans laquelle elle nous a plongés. Pendant 4 jours, le monde entier a vu les candidats, à l’initiative du Président sortant Donald Trump, se disputer les victoires alors même que les comptes n’étaient pas terminés. Cette cacophonie s’est disputée à travers les réseaux sociaux, lieu d’échanges privilégié des élections politiques.

 

Un contexte favorable aux réseaux sociaux

 

Donald Trump va donc sortir de la maison blanche en janvier prochain. Non sans mal, car le candidat redouté et très controversé dans le monde a fait preuve de sorties spectaculaires comme il nous a habitués. Craint par les uns, en raison d’une réputation de “tricheur” comme le disent les américains, adulé par les autres pour avoir remonté l’économie américaine, la réalité est plus contrastée.

 

En effet, on retiendra surtout de son mandat ses polémiques, phrases, tweets et autres déclarations qui ont fait de Trump un Président hors norme. Autant dire que cela a fait le bonheur des réseaux sociaux très friands de ce genre de personnages.

 

Twitter aura été le réseau privilégié du Président Donald Trump. Alors qu’il est utilisé surtout pour le divertissement et les professionnels en France, les américains en font un média d’informations et de loisirs. Donald Trump a utilisé Twitter de façon frénétique durant ces 4 ans de présidence allant jusqu’à rédiger 400 tweets en juin dernier.

 

La stratégie de la fake news et de la désinformation

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Au début de l’élection, environ un tiers des messages de l’ancien Président ont fait l’objet d’un avertissement. En raison de fausses informations et d’informations trompeuses que le compte envoyait. Élections volées, dépouillement fraudé, victoire annoncée… Trump connaît toute la puissance des réseaux sociaux et a essayé de l’utiliser afin d’influencer les votes.

 

L’ancien Président n’en est pas à son coup d’essai. Les élections de 2016 ont été marquées par une vaste campagne de désinformations en provenance de Russie. Le lien entre l’ingérence russe et Donald Trump n’est pas direct. L’affaire a pris la tournure d’un film d’espionnage aux couleurs de la guerre froide. Toutefois il n’en reste pas moins que les soupçons de trucage des informations ont été très forts pendant cette élection.

 

Les électeurs américains avaient de quoi se méfier. En 2016, lors de la première élection de Donald Trump face à Hillary Clinton, le FBI, la CIA et la NSA avaient démontré le lien entre la désinformation et la Russie lors d’un rapport en janvier 2017. Les pirates russes avait créé pas moins de 50 258 faux comptes Twitter ayant générés 3,8 millions de tweets, soit 19% de tweets au sujet de l’élection. Sur Facebook, c’est pas moins de 80 000 publications

qui ont été reliés à la Russie.

 

Le “mix-social” dans une stratégie de désinformations

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La campagne de “fake news” et désinformation ne s’est pas arrêtée là. Les pirates sont allés plus loin en modifiant les outils d’analyse et de reporting de Google, le Google Analytics. Les webmasters et propriétaires de sites internet ont vu sur leur rapport du trafic provenant de sites dont le nom de domaine contenait des messages en faveur du candidat Trump. L’effet a été fracassant.

 

Trump a repris cette stratégie lors des dernières élections en multipliant les sources de désinformations. Après avoir largement communiqué sur Twitter, l’ex-Président a affirmé à la télé vouloir “assurer l’intégrité du scrutin” et “avoir déjà gagné”.

 

D’autres leviers peuvent être utilisés comme YouTube, 2e moteur de recherche au monde. Ou d’autres techniques, comme celle utilisée par les russes en 2018 lors d’élection à Madagascar. Des agents ont payé des personnes pour manifester. En prenant soin de payer également des journalistes pour couvrir les manifestations. Ils ont engagé des étudiants pour écrire des articles pour le candidat sortant.

 

La réaction des réseaux sociaux contre la manipulation de l’information

 

La réaction des réseaux sociaux ne s’est pas faite attendre. Alors qu’ils sont souvent pointés du doigt pour leur manque de modération, cette fois les règles ont été clairement annoncées.  La revendication de victoire sur les réseaux sociaux est clairement interdite. Bien que des messages soient bloqués, ils peuvent être relayés et partagés dans un temps record sans que les modérateurs puissent intervenir.

 

Afin de contrer la désinformation, Facebook et Instagram par exemple ont ajouté à tous les messages concernant les élections que les votes n’étaient pas clos. L’influence de la désinformation a été plus faible en raison d’une meilleure préparation de la part des réseaux sociaux.

Toutefois cela n’aura pas empêché de croire au coude à coude alors que les votes se sont révélés moins serrés. Cela aura participé à instaurer le suspense si cher aux productions hollywoodiennes.

 

Les réseaux sociaux dans la politique française

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Les usages sont moins intenses en France, où la distribution de tracts dans les marchés garde une place importante dans les campagnes. Toutefois, c’est l’ex parti d’extrême droite, le Front National (FN), qui se dote pour la première fois d’un site internet en 1996. Si les réseaux sociaux prennent moins de place dans les campagnes politiques, c’est parce que les français portent des réflexions beaucoup plus larges pour faire leur choix.

 

Toutefois les réseaux sociaux restent un levier stratégique pour cibler les jeunes électeurs. Cela a bien été compris par le premier candidat déclaré à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon. Lors des précédentes élections de 2018 remportées par Emmanuel Macron, le candidat de la France Insoumise est allé jusqu’à devenir une star des réseaux sociaux. Sa page YouTube a réuni 20 millions de vues et le candidat a exploité les différents modes de diffusion offerts par ces médias.

 

Au-delà d’un média traditionnel, Jean-Luc Mélanchon comme le Front National de Marine Le Pen a su utiliser les réseaux sociaux comme des médias alternatifs. Loin de la traditionnelle presse et télé. Les réseaux sociaux sont particulièrement adaptés à la philosophie “anti-système” que les 2 partis cherchent à véhiculer, chacun à sa manière.

 

L’utilisation raisonné des réseaux sociaux à la sauce Barack Obama

 

L’ex Président américain Barack Obama (2006 – ) a été un exemple d’utilisation des réseaux sociaux pour la politique. Pendant ses campagnes mais aussi pendant ses 2 mandats à la maison blanche. En effet, le Président n’hésitait pas à partager ses menus ou encore à solliciter ses abonnés sur des questions cruciales comme le port d’armes. Sujet très sensible aux Etats-Unis.

 

Il n’y aura pas de bonne ou mauvaise utilisation. Tout en restant dans un cadre légal, nous nous contentons en tant que community managers, d’observer les tactiques et d’analyser les résultats obtenus. Comme souvent, la proximité et l’authenticité de l’information gagne sur la “fake news” qui finit toujours pas être démontrée. La qualité gagnera toujours le combat de l’information.

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